L'Inde et le Royaume-Uni de retour à la table des négociations : quels sont les enjeux de l'ALE ?

Le 24 février, le ministre du Commerce et de l'Industrie, Piyush Goyal , et le secrétaire d'État britannique aux Affaires et au Commerce, Jonathan Reynolds, ont annoncé la reprise des négociations sur l' ALE Inde-Royaume-Uni. Cette annonce intervient après une interruption de plus de huit mois. Les négociations, qui ont débuté le 13 janvier 2022, ont jusqu'à présent abouti à 14 cycles de discussions.
Qu'est-ce qu'un ALE ?Un accord de libre-échange est un pacte entre deux ou plusieurs pays visant à éliminer ou à réduire les droits d'importation sur 90 à 95 % des biens échangés. Il vise également à minimiser les barrières non commerciales et à faciliter les exportations et les investissements dans le secteur des services.
Quels sont les différents types d’accords commerciaux ?Les accords de libre-échange varient en termes de portée et sont connus sous différents noms, tels que :
- Accord commercial préférentiel (ACP) – Élimine les droits de douane sur un nombre limité de marchandises (par exemple, l’ACP Inde-Thaïlande).
- Accord de coopération économique global (ACEG) – Plus étendu que les ACPr (par exemple, l’ACEG Inde-Singapour).
- Accord de partenariat économique global (CEPA) – Couvre des aspects commerciaux plus larges (par exemple, CEPA Inde-Corée, Inde-Japon).
- Accord de partenariat commercial et économique (TEPA) – Un autre format pour des partenariats économiques étendus.
- L’entrée en franchise de droits sur les marchés partenaires contribue à accroître les opportunités d’exportation.
- Des conditions de concurrence équitables face à des concurrents ayant des accords commerciaux similaires.
Les accords de libre-échange prévoient des dispositions relatives aux listes de produits sensibles et d’exclusion, limitant les concessions tarifaires sur certains produits. Les pays peuvent également imposer des mesures correctives commerciales telles que des droits antidumping si les importations augmentent et nuisent aux industries locales.
Avec quels pays l’Inde a-t-elle signé des accords de libre-échange ?L’Inde a signé des accords commerciaux avec le Sri Lanka, le Bhoutan, la Thaïlande, Singapour, la Malaisie, la Corée, le Japon, l’Australie, les Émirats arabes unis, l’île Maurice et les blocs ASEAN et AELE. L’Inde se concentre désormais sur les accords de libre-échange avec le Royaume-Uni, l’UE et les États-Unis pour renforcer ses échanges avec les économies occidentales.
Quel est l’objectif de l’accord de libre-échange Inde-Royaume-Uni ?- Stimuler le commerce et l’investissement en réduisant les barrières tarifaires et non tarifaires.
- Développer la coopération dans les domaines de la technologie, de la santé et de l’éducation.
Au cours de l'exercice 2024, les exportations de marchandises de l'Inde vers le Royaume-Uni ont été évaluées à 12,9 milliards de dollars. Selon le fondateur du GTRI , Ajay Srivastava, l'ALE devrait avoir un impact limité sur l'augmentation de ces exportations, car plus de la moitié des marchandises indiennes entrent déjà au Royaume-Uni avec des droits de douane faibles ou nuls. Le droit de douane moyen du Royaume-Uni sur les importations indiennes est de 4,2 %.
Toutefois, les exportations indiennes d’une valeur de 6,1 milliards de dollars – telles que les textiles, les vêtements, les chaussures, les tapis, les voitures, les produits marins, les raisins et les mangues – bénéficieront de réductions de droits de douane.
Du côté des importations, les importations indiennes de marchandises en provenance du Royaume-Uni se sont élevées à 8,4 milliards de dollars au cours de l'exercice 24. Environ 91 % de ces marchandises, d'une valeur de 7,6 milliards de dollars, sont soumises à des droits de douane moyens à élevés en Inde, avec des taux pouvant atteindre 100 % sur les voitures et 150 % sur le whisky écossais et les vins. Le Royaume-Uni cherche à obtenir des réductions tarifaires pour ces produits.
Quelles sont les principales revendications de l’accord de libre-échange Inde-Royaume-Uni ?- Les revendications de l'Inde : un meilleur accès pour les étudiants et les professionnels au Royaume-Uni, un accord de sécurité sociale et un accès au marché en franchise de droits pour certains produits.
- Les demandes du Royaume-Uni : des droits d'importation plus bas sur le whisky écossais, les véhicules électriques, la viande d'agneau, les chocolats et un accès élargi au marché pour les services britanniques tels que les télécommunications, les services juridiques et financiers.
Un TBI vise à promouvoir et à protéger les investissements dans chaque pays. L’un des principaux problèmes est le mécanisme de résolution des litiges : l’Inde souhaite que les entreprises étrangères épuisent les recours juridiques locaux avant de recourir à l’arbitrage international, tandis que le Royaume-Uni préfère des options alternatives en raison des inquiétudes concernant la longueur des procédures judiciaires indiennes.
Selon le GTRI, même si les BIT assurent la stabilité des investissements, il n’existe aucune preuve concluante les reliant directement à une augmentation des investissements.
Quelle est la prochaine étape pour l’accord de libre-échange Inde-Royaume-Uni ?Avec la reprise des négociations, les deux pays souhaitent finaliser un accord qui favorise le commerce et l’investissement. Le résultat sera crucial pour façonner l’avenir des relations économiques entre l’Inde et le Royaume-Uni.
economictimes